Nuit Blanche 2016 : Rencontre avec Oliver Beer, artiste plasticien

En tant que mécène de la 15ème édition de la Nuit Blanche à Paris, Sodexo est fier d’apporter son soutien à l’artiste britannique Oliver Beer qui présentera son incroyable installation Live Stream sous le Pont des Arts.

Particulièrement intéressé par les relations entre son et espace, Oliver Beer mixera en direct l’écosystème sonore de la Seine. Pour mieux comprendre cette performance, Sodexo est allé à la rencontre de l’artiste qui tente de révéler la vie secrète du fleuve.

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Oliver Beer

Sodexo : Pouvez-vous nous raconter votre parcours, et comment vous en êtes venu à l’art contemporain ?

Oliver Beer : J’ai eu une enfance excentrique, passée dans l’Angleterre profonde, à trouver mes propres sources d’amusement et à sans cesse sculpter et composer. Ma scolarité finie, j’ai d’ailleurs étudié la composition. J’ai ensuite passé le diplôme de la Ruskin School of Drawing Fine Art d’Oxford avant d’étudier le cinéma à la Sorbonne Paris III. Mon œuvre est une synthèse de toutes ces influences. L’art contemporain est un fantastique espace de création car il donne une liberté totale tout en étant tributaire de la force des idées.

S. : Qu’est-ce qui vous a inspiré dans la création de cette œuvre ?

O. B. : Une rivière, c’est une multitude de sons insoupçonnés. Le son voyage cinq fois plus vite à travers l’eau qu’à travers l’air. Lorsque l’on écoute ce qu’il se passe sous l’eau, on peut entendre, comme si elle était à proximité, une petite embarcation qui pourtant est à peine visible dans le lointain. Sous la Seine, les moteurs des bateaux produisent des notes de musique, avec des harmonies, comme le violoncelle au contact de l’archet. Je me suis rendu compte que si je plaçais des micros sous la Seine, tout l’univers sous-marin de Paris devenait audible : on entend aussi bien des bateaux que le métro, les bruits étouffés de la circulation et même les voix distantes des touristes sans oublier bien sûr les incessants mouvements de fonds.

Dans Live Stream, je capte l’enchevêtrement des sons qui résonnent naturellement sous la Seine pour offrir à la ville une symphonie naturelle.

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Installation Live Stream par Oliver Beer

S. : Vous vous intéressez particulièrement aux sons et ambiances sonores dans vos œuvres et dans celle-ci en particulier. Selon vous, qu’est-ce que le son apporte à l’art ?

O. B. : Nos sens sont indissociables les uns des autres, ils s’influencent mutuellement. Le grand théoricien français du son, Michel Chion, parle d’ailleurs d’Audiovision, pour évoquer la synchronie inévitable de la vue et de l’ouïe qui nous permet, par exemple, d’entendre les bruitages au cinéma comme s’ils étaient réels. Pour moi, il n’y a jamais vraiment eu de séparation nette entre l’art visuel et l’art auditif.

S. : Pour vous, que représentent la Seine et Paris ?

O. B. : J’ai vécu quelques années à la Cité des Arts, qui surplombe la Seine au niveau du Pont Marie. Je regardais le fleuve tous les jours. La Seine est le seul élément du Paris historique qui refuse de se laisser construire. Au cœur de cette activité urbaine frénétique, elle reste vierge de toute occupation humaine permanente. C’est un espace qui reste le même tout en changeant perpétuellement, au gré des millions de tonnes d’eau qui le renouvellent constamment. De ce point de vue, la Seine définit très bien, métaphoriquement, ce que devrait être une ville historique et moderne comme Paris : immuable, dans un renouvellement permanent.

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Sodexo, mécène de l'édition 2016 de Nuit Blanche